HISTOIRE DE L'EGLISE

Extrait d'un texte de Maurice Betrancourt, bouchinois, historien local...

 

 

.. d'après un document officiel de l'abbaye d'Hasnon datant de 670...

BOUCHAIN n’apparait qu’en 689. Il est fort probable qu’une église paroissiale y existait alors… Mais nous n’en avons aucune trace… Quelques dates gravées dans le clocher détruit en 1940 ont été découvertes :

« 1160, 1170, 1441, 1668, 1694, 1723, 1725, 1730, 1731… »

 

On sait que le 4 septembre 1580 nous étions alors sous l’occupation espagnole depuis le traité de Madrid signé le 14 janvier 1526.

Un certain José Zolle, seigneur de Villers, gouverneur de Bouchain devenu célèbre par ses nombreuses exactions et ses meurtres, terrorisait tout l’Ostrevant. Douai et Denain étaient ses victimes préférées. Exaspérée, la région fait appel au Duc de Parme, Octave Farnèse, Gouverneur des Pays-Bas et Chef des armées du Roi d’Espagne qui diligente le Général Mansfeld pour s’occuper du brigand.

Le coquin de José, toujours bien informé, se prépare alors à quitter Bouchain. Pour se venger, il n’hésite pas à disposer des tonnelets de poudre pourvus de longues mèches dans l’église, dans l’hôtel de ville et dans quelques maisons tout proches.

Les négociations sont infructueuses, il préfère quitter la ville.

Mais auparavant, avant de partir la bande de brigands allume les mèches et s’enfuit sur Cambrai pour rejoindre leurs compères.

En cours de route, ils entendent de fortes explosions, il était temps se disent-ils. Zolle a réussi son coup. L’église, l’hôtel de ville et beaucoup d’habitations alentour sont sérieusement endommagés.

C’est Monsieur Paul de Garondelet, Seigneur de Pottelle qui devient Gouverneur de la place de Bouchain.

Pendant longtemps, les offices seront célébrés dans une sorte de grange. Grâce à la générosité et la ténacité du Gouverneur, de sa Dame Anne de Montigny et des bourgeois de la ville, les travaux de restauration sont entrepris. Il faudra cependant attendre 1615 pour que la voûte du chœur soit entièrement réparée. Puis Paul de Garondelet fait refondre les dix-huit cloches qui existaient avant l’incendie et en ajoute dix-huit autres pour augmenter la capacité de l’instrument. Un solide clavier complètera l’installation qu’un amateur passionné utilisera le dimanche et les jours de fête.

Puis c’est le mécanisme qui prend le relais des soins intensifs.

La tour du clocher est alors coiffée d’un dôme en pierre avec lanterne et quatre clochetons type échauguette. La toiture du clocher est faite d’ardoises en écailles et atteint 15 toises ( 30 mètres environ)   

En 1714, la nef et le clocher sont à nouveau réparés.

En 1753, il est noté dans un inventaire, que le chœur appartient à l’Abbaye de Saint-Amand tandis que le clocher et la nef sont propriété du Roi.

En 1794, Florent Guiot, représentant du peuple, fait abattre la flèche du clocher, trop haute à son goût et peut servir de point de mire à l’ennemi. Une vulgaire et sinistre plateforme couvrira la construction.

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Les Fonts Baptismaux, dont le bassin présente la forme d’une coupe, étaient situés à droite en entrant dans l’église, le magnifique vitrail qui les abreuvait de lumière et représentait le baptême du Christ dans le Jourdain, a été détruit pendant un bombardement en 1918. Après la seconde Guerre Mondiale, les fonts baptismaux ont été installés à gauche en entrant dans l'église actuelle.

 

La chapelle du Calvaire

Antoine Drouot, Gouverneur de Bouchain en 1647, et sa noble Dame Emérentine de Saint-Mart font reconstruire une chapelle qui prendra le nom de Chapelle du Calvaire. Cette chapelle se trouvait sur le chemin de Bouchain à Douai à l’intersection du chemin qui mène à Marcq. Le lieu porte d’ailleurs le nom de Dieu de Piété.

Elle existait encore en 1711.

Pendant la Révolution, la chapelle a été complètement détruite et depuis elle n’a jamais été reconstruite.

En 1843, on retrouve sa croix sur le faîtage du petit campanule de l’école des garçons, rue des jardins (aujourd’hui rue, Georges Daix). Cette école avait été installée dans une ancienne sucrerie. Elle devint communale en 1872 jusqu’en 1905, date de son transfert dans les bâtiments de l’Arsenal. La croix disparait alors mais on la retrouve dans une cour de la Ville-Haute après la première Guerre Mondiale. On ira la planter sur le toit de l’abside de l’église paroissiale. Après les combats de l’Escaut de 1940, elle sera une nouvelle fois récupérée et mise en sécurité au Presbytère

 

La chapelle au gibet..

 Au Moyen Age, il existait, dans l’église, une autre chapelle dite « du Gibet », dédiée à la Sœur Marie- Magdeleine.

Les desservants étaient chargés d’administrer et d’accompagner au supplice les condamnés à mort. Jean Podacquest (1508/1579) en était le chapelain. Il était chargé de dire la messe et de les conduire au supplice suprême. Les exécutions se faisaient au lieu-dit « la Justice » où se trouvait la potence (Gibet ou Arbre de Justice) installée en bordure du chemin qui mène à Douai.

La Haute- Justice était celle du seigneur, il avait le droit de faire condamner à la peine capitale et juger les causes civiles et criminelles entre ses sujets.

La Moyenne-Justice consistait à recevoir les contrats de vente et d’achat (« Déshéritements et Adhéritements). Elle correspondait à ce, qu’aujourd’hui, seraient les attributions du notaire. Elle avait aussi le droit de juger des actions de tutelles et injures dont l’amende n’excédait pas 60 sols (Sol ou Sou = 5 Centimes. 1 Franc = 20 Sols … …                      1 Florin = 1 Livre = 20 Patards.   1 Patard = 6 Centimes env.,   1 chandelle coûte 1 Sou)

La Basse-Justice opérait pour certaines causes civiles, c'est-à-dire les droits dus au seigneur au sujet des bêtes et injures dont l’amende n’excédait pas  7 Sols, 6 Deniers.

Les Haut-Justiciers avaient, selon leur titre, le droit d’établir des « Piliers » ou « Fourches Patibulaires » sur les limites de leurs possessions. Il s’agissait de piquets robustes dressés verticalement et supportant des traverses de bois à partir desquelles on pendait les condamnés à la peine de mort.

                    Le seigneur  disposait de 2 Piliers

                    Le Baron      disposait de 4 Piliers

                    Le Comte     disposait de 6 Piliers

                    Le Duc         disposait de 8 Piliers.

 

 Comme le Châtelain de Bouchain était Comte d’Ostrevant, il disposait de 6 Piliers, donc de 6 Potences.

D’autre part, en face de la Maison de la Ville (l’Hôtel de Ville depuis 1600) au centre d’une petite place, une volumineuse pierre était destinée au Piloris. On y exposait, entravés et meurtris dans leur massif  Carcan, les individus qui méritaient d’être abandonnés au mépris et aux sarcasmes du public toujours friand de ce genre de spectacle.   

 

 

La 3ème Chapelle...

…Il y avait également une autre chapelle à l’intérieur de l’église, elle était dédiée à Saint-Jean l’Evangéliste, dite « de Monceaux ».

Côté opposé à ces trois chapelles se trouvait la Chapelle de Saint-Nicolas, fondée par Guillaume II(1337/1345), Comte d’Ostrevant en témoignage de son affection  pour la Capitale de son Comté. Comme la Chapelle du Rosaire d’en face, celle-ci était aussi éclairée par deux fenêtres à vitrail. Elle était pourvue d’une robuste balustrade en bois.

Une statue de Saint-Roch se trouvait entre le Chœur et la Chapelle du Rosaire. On pouvait remarquer la statue du Sacré-Cœur qui formait pendant à celle de Saint-Roch.

 

Quelques détails architecturaux de l'Eglise originelle

L’église était de style « ogival », construite en forme de croix latine. Elle était  implantée au milieu du cimetière. Ce détail apparait sur le plan en relief réalisé par les ingénieurs de Vauban en 1715. Elle était constituée d’une nef centrale et de deux travées latérales. Les extrémités du Transept étaient occupées par des chapelles.

A droite du portail de l’église on pouvait remarquer, un peu en saillie et sur l’angle frontal du clocher, une tourelle circulaire engagée très discrète. Un escalier en colimaçon s’y abritait. Il permettait l’accès au carillon de part l’extérieur. Sa porte a été condamnée en 1923.

Avant la Révolution, un majestueux Maître-autel en marbre poli, encombré de candélabres très imposants, se noyait dans une féerie de décors dorés. Devant le Maître-autel, Il y avait une magnifique balustrade en bois finement sculptée. Le Banc de communion avec porte à double-vantail verrouillé, accoudoir et agenouilloir massifs agrémentés de fer forgé compliqué, complétait la barrière imposée. Le Chœur était séparé de la nef par un monumental Jubé, (espèce de tribune-galerie) en pierres blanches, antérieur au XVII° Siècle et offert par un prélat de l’Abbaye de Saint-Amand. Le grand orgue se trouvait à proximité du Jubé. Au milieu du Chœur, on pouvait remarquer un Lutrin en bronze doré, indispensable au chantre de la paroisse, deux piliers supportant des anges et deux candélabres en bronze complétaient le décor. Les Miséricordes des Stalles n’existaient plus. Des boiseries à médaillons de trois mètres de hauteur couronnées d’une corniche finement ciselées garnissaient les murs derrière l’autel.

La Révolution détruisit toute ces richesses.

La principale restauration de l’église est l’œuvre de l’Abbé Grau Doyen de la paroisse en 1844. Tout à été revu jusqu’au carrelage rehaussé de 50 cm et réalisé en marbre.

 


            le jubé de l'église de Bouchain était comme celui-ci :




La Chaire à prêcher (photo ci-contre), magnifiquement sculptée, est supportée par un pédicule. Sa rampe d’escalier est constituée de panneaux ornés de rinceaux. Les Balustres représentent des chérubins en ronde bosse. Les Oves et les Rinceaux de la frise rappellent le style de la Renaissance. L’Abat-voix de la Chaire est une composition artistique de facture exceptionnelle, elle représente Saint-Michel. L’Archange sort des nuages pour terrasser Lucifer figuré par un serpent.




Parmi les peintures qui faisaient l’orgueil des paroissiens, figurait un triptyque classé « monument historique » le 15 avril 1896. Le panneau central a été enlevé par les allemands en 1916. Le Chemin de Croix, peint sur toile se composait de 14 grands tableaux.

NB:ce triptyque est visible au musée de la Tour

Deux magnifiques coquilles servaient de bénitiers.

Dans le Chœur, le vitrail central et les latéraux représentaient les Apôtres.

Dans le Transept, l’extrémité nord était occupée par la Chapelle du Rosaire. Le contre-retable de son autel était en bois à fronton brisé et pourvu de consoles sur pilastres, (caractéristiques du XVI et XVII ° siècles), rappelait le style Renaissance. Le Retable au fond de l’autel représentait la Vierge offrant le Rosaire à Saint-Dominique. Deux fenêtres à vitrail éclairaient cette Chapelle. Une balustrade ornée de personnages bibliques (disparus durant la guerre 14/18) assurait la protection du lieu.

 

 

                     Intérieur de l'église

Les carillons...

On ne sait pas à quelle époque a été installé le premier carillon.

Après l’incendie du 4 septembre 1580,  M de Carondelet, Gouverneur de Bouchain fit refondre les cloches du carillon et y en a ajouté 14 aux 18 anciennes. Cette opération s’est passée en 1629, donc on peut en déduire qu’un carillon à 18 cloches existait avant 1580.

Le tambour était muni de chevilles qui, en choquant les crochets inférieurs des leviers attachés aux fils, faisaient mouvoir le marteau des différentes cloches. Puis l’instrument subit des transformations importantes. Il ne fonctionnait plus qu’avec le mécanisme de l’horloge, son clavier à main et à pédales, qu’un musicien amateur utilisait les jours de fêtes, a du être déconnecté. En 1808, il devient inutilisable, alors les habitants de Bouchain se cotisèrent et le firent remettre en état.

En 1913, on le fait restaurer à nouveau. En avril 1926, les 32 cloches sont remises à leur place. L’horloge reprend du service, son mécanisme est révisé avec ses aiguilles flambant neuves. Aujourd’hui, le campanile abrite un carillon de 17 cloches à commande électrique.                                              

 

AVANT SA DESTRUCTION...

APRES LA GUERRE 39-45

L'église fut en grande partie détruite durant la seconde guerre mondiale.

Elle ne fut pas reconstruite en l'état, mais une église plus "moderne" la remplaça.

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                                     les ruines de l'église

ARCHITECTURE DE LA NOUVELLE EGLISE BATTIE APRES LA GUERRE 39-45

L'actuelle église Saint-Quentin a été construite en lieu et place de la précèdente, et l'on peut y trouver des vestiges de l'ancienne église.

L'architecte était Paul Guislain. (ci-dessous un pla

Le 17 juin 1956, pose de la première pierre

Le 22 mars 1959, inauguration de cette bien curieuse église

Le 8 nov 2009, célébration de son cinquantième anniversaire.

 

Un demi siècle d'histoire, déjà ...

 

Cet édifice est l'oeuvre de Monsieur Guislain, architecte de Valenciennes. Il se distingue par sa forme originale, par l'espace sans obstacle qu'il libère, par sa sobriété et surtout par la vue panoramique qu'elle offre, et par sa perspective affinée qui interpelle le visiteur.

 

Le concepteur a eu la merveilleuse idée de vouloir rassembler en un même lieu choeur, nef et transept , autrefois échelonnés dans l'espace.

Le choeur était au Moyen Age propriété de l'Abbaye de St Amand les Eaux, et la nef dépendait du Gouverneur de la Ville, donc du Roi de France.

La meilleure forme géométrique de cette construction ne pouvait être que le maître-autel. Tous les éléments de l'ouvrage convergeront vers ce point : allées, disposition des bancs, structure du plafond.

Pour enrichir la perspective, une grande baie occupera tout un côté du polygone et mettra en valeur un vitrail dont M.Guislain confiera la réalisation à Monsieur Ducastel.

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Le Vitrail représente la CREATION DE L'UNIVERS; Le Maître verrier a choisi la dalle de verre teintée dans la masse et une ossature en béton. La propriété de ce produit verrier est de présenter deux faces d'aspect différent, l'une est lisse, l'autre rugueuse et constituée d'une multitude de grains de sable de silice pure. Ces points de silice seront autant de points lumineux très sensibles aux rayons incidents du soleil et leur éclat variera toute la journée au gré des caprices de la lumière.

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